Inanisation

Inanitaire: (Adjectif néologique dérivé du substantif inanité) “Désigne et qualifie une sorte d’investissement d’objet, et par conséquent de transfert, propre aux schizophrènes et marqué par un déni partiel consistant à refuser à l’objet, dont l’existence même n’est pour autant pas déniée, toute espèce de capacité d’être porteur et transmetteur de sens, de signifiance et de signification.» (PCR, Cortège conceptuel, p. 46)

Commentaire (MH):

Racamier attribue ce mécanisme aux schizophrènes. Il a d’ailleurs été forgé à l’époque de ses recherches sur ce sujet. À notre avis, il s’applique aussi aux pervers. Ceux-ci, dans notre expérience, ne tiennent simplement pas compte de tout ce qui les contrarie. Ainsi, dans les thérapies de couple, avons-nous constaté souvent que lorsque l’un intervenait, l’autre faisait semblant d’écouter, éventuellement même d’approuver, avant de poursuivre imperturbablement ce qu’il énonçait au préalable, comme si l’autre n’avait rien dit. Au sein des familles également, l’opinion de l’enfant peut être écoutée, mais pas entendue ; on n’en tient aucunement compte.
Cette forme de déni partiel évoque un autre concept, celui d’inopérance de l’Œdipe.

Action parlante

Concept issu du livre de Paul-Claude Racamier “Cortège Conceptuel”, Ed. Apsygée, 1993.

“Action parlante : désigne une action concertée exercée envers un patient et porteuse par elle-même de sens ou de messages, voire d’interprétation implicite ; parle au sujet tout en parlant à ceux qui la mettent en œuvre ; constitue l’équivalent mis en acte d’une interprétation, qui se répète autant de fois que se reproduira l’action qui la porte.
Exemple : prescrire à un patient de verser une obole propitiatoire chaque fois qu’il se fait ou veut se faire plaisir.
L’action parlante n’est évidemment pas à confondre avec l’agir opaque, l’activisme, l’interprétation (qu’elle soit sauvage ou non) et la prescription de symptôme.
Notion présentée d’abord en 1979, reprise en 1990, approfondie en 1993.”

Œdipe inopérant

De constater et de dire que l’Œdipe est inopérant ne revient pas  considérer qu’il soit totalement absent ; s’il est estompé et lointain, s’il est lacunaire, ou si même il est enkysté et clivé du reste de la psyché, ce n’est pas pour autant qu’il soit nul, mais cela suffit pour le rendre inactif : or, cela seul nous importe de savoir qui gouverne. Si ce n’est pas l’Œdipe, la probabilité est grande de se trouver en régime incestuel.
[…] Notons encore que certes le registre œdipien est le plus important pour la vie psychique, mais, s’il est mis face à face à l’incestuel, c’est celui-ci qui l’emporte de prime abord ; cette malheureuse observation est destinée à nous suivre dans nos évaluations économiques et dans nos efforts thérapeutiques… Continuer la lecture de « Œdipe inopérant »