de Benoist : destruction de la pensée

« La modernité avait pour idéal l’autonomie et l’ouverture du domaine de la liberté humaine, mais elle a surtout abouti à faire apparaître des formes d’aliénation, de fausse conscience et d’asservissement inédites. Interdire la pensée autonome, tel est bien objectif. Interdire à l’esprit, en prenant du recul, de prendre aussi la pleine mesure du moment historique. Empêcher le questionnement, la vie intérieure, la pensée critique, la critique sociale. Amener chacun à jouir du moment présent sans jamais le mettre (et se mettre) en perspective. Habituer les gens à vivre dans un malaise permanent sans jamais pouvoir s’interroger sur ses causes ni se révolter contre ceux qui en sont responsables. Les habituer à vivre dans la misère spirituelle en les convainquant que c’est cette misère-là qui fait leur « bonheur ». Bref, entretenir la résignation.

La société de marché, fondée non sur la simple logique des besoins mais sur l’expansion permanente de la marchandise, expansion nécessaire à l’incessante accumulation du capital, ne veux connaître l’homme que comme producteur docile et consommateur jamais rassasié.

Alain de Benoist, Les démons du bien, Ed. Pierre Guillaume de Roux, 2013, p. 52.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *