Action parlante

Concept issu du livre de Paul-Claude Racamier “Cortège Conceptuel”, Ed. Apsygée, 1993.

“Action parlante : désigne une action concertée exercée envers un patient et porteuse par elle-même de sens ou de messages, voire d’interprétation implicite ; parle au sujet tout en parlant à ceux qui la mettent en œuvre ; constitue l’équivalent mis en acte d’une interprétation, qui se répète autant de fois que se reproduira l’action qui la porte.
Exemple : prescrire à un patient de verser une obole propitiatoire chaque fois qu’il se fait ou veut se faire plaisir.
L’action parlante n’est évidemment pas à confondre avec l’agir opaque, l’activisme, l’interprétation (qu’elle soit sauvage ou non) et la prescription de symptôme.
Notion présentée d’abord en 1979, reprise en 1990, approfondie en 1993.”

Une réflexion sur « Action parlante »

  1. Comment tracer une frontière entre une action parlante et un passage à l’acte commenté ? Un exemple : une dame d’une cinquantaine d’années vivait dans un foyer pour patients chroniques lorsqu’un jeune homme y fut admis. Elle se prit d’intérêt pour lui et s’en occupa sur un mode maternel. Lui qui avait eu une enfance chaotique et elle qui avait une vie vide, s’en trouvèrent beaucoup mieux l’un et l’autre. Pourtant un jour, le jeune homme essaya de la violer. Elle se dégagea et parla à l’équipe soignante de cette agression. On lui conseilla de porter plainte. Elle s’enquit alors de ce qu’il adviendrait du jeune homme. On lui répondit garde à vue, placement d’office, détention provisoire… Elle refusa de porter plainte. Ainsi la question qui aurait dû être traitée à l’extérieur devint un problème à gérer par l’institution. La directrice du foyer convoqua le jeune homme et le renvoya sur le champ en faisant un lien entre son comportement et son éviction. Passage à l’acte de la directrice ou action parlante ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *