Séminaire du Dr J-P. Caillot le 18 novembre 2017

A eu lieu:

Groupe Méditerranéen de la

Société Psychanalytique de Paris

SEMINAIRE OUVERT
de MONTPELLIER

animé par
 le Dr Jean-Pierre CAILLOT   

 

Grand Hôtel du Midi
22 bd Victor Hugo
18 novembre 2017
de 15 h à 19 h 30

Recherche actuelle sur le traumatisme psychique dans le prolongement de la pensée de Paul-Claude Racamier .

Cette recherche contemporaine, à la suite du concept fondamental d’antœdipe pathologique  de Paul-Claude Racamier, portera sur le travail psychanalytique concernant  les relations traumatiques d’objet paradoxal ( père-non-père ou mère-non-mère par exemple) meurtriel et/ou incestuel, dans le cadre des thérapies psychanalytiques individuelles et collectives (couple, famille, groupe d’enfants et d’adultes).

Ce séminaire se poursuivra en 2018, les samedis 30 /06 et 01/12 ( même lieu et mêmes horaires).

Programme:

Le séminaire du samedi 18 novembre 2017 comprendra deux parties :

de 15 h à 17 h : présentation par les docteurs Maurice Hurni et Giovanna Stoll de leur ouvrage : Le mystère Freud, Paris, l’Harmattan, 2013.

« Les notions d’incestualité, de perversion relationnelle et la prise en compte de la violence psychologique ouvrent de nouveaux éclairages sur les origines de la psychanalyse.
Ainsi, Dora, célèbre patiente de Freud, apparaît comme une jeune fille aux prises avec une famille hautement pathologique. Freud en dépeint très subtilement tous les rouages pervers, mais curieusement, il n’en fait aucune élaboration . Pourquoi ?
Le récit du traitement d’Anna O., la première patiente de la psychanalyse, bénéficie aussi de cette lecture nouvelle. Aurait-elle été abusée ? Quelles est la vraie fin de son traitement par Breuer ? La description de cette cure aurait-elle été tronquée ? Autant de questions que le concept d’incestualité permet d’aborder.
Quant à la vie de Freud, elle semble imprégnée de cette même incestualité : secrets de famille scabreux, abus sexuel par sa nounou, doutes sur l’identité de son père, ont certainement contribué à l’engager dans son exploration géniale de l’inconscient, mais l’ont détourné des investigations familiales. Elles ont aussi marqué ses propres comportements d’adulte (relations troubles avec sa belle-sœur, psychanalyse de sa propre fille…)
C’est à ce voyage passionnant que vous invitent les auteurs pour revisiter les origines de la psychanalyse. »

Pause

de 17 h 30 à 19 h 30, reprise du travail de thérapie familiale psychanalytique présenté au mois de juin 2017 par Madame Sabrina Arnault.  Il sera commenté par les docteurs Jean-Pierre Caillot, Maurice Hurni et Giovanna Stoll dans un échange avec Madame Sabrina Arnault et les participants au séminaire.

Ces réunions psychanalytiques du Groupe Méditerranéen de la SPP sont largement ouvertes aux psychanalystes,  psychiatres, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux, médecins, juristes et étudiants dans ces disciplines.

Inscription : Dr CAILLOT
( 06 77 84 11 62 ou jean-pierre.caillot@nullorange.fr)

groupemed.spp@nullfree.frwww.groupemed.fr

Nombre limité de places. Entrée : 20€. Entrée gratuite pour les étudiants

ARNAULT Sabrina  : psychologue, psychanalyste, membre du CPGF.

CAILLOT Jean-Pierre : psychiatre, psychanalyste, membre du groupe méditerranéen de la SPP, membre co-fondateur du CPGF.

HURNI Maurice : psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couples et de familles, membre du CPGF.

STOLL Giovanna, psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couples et de familles, membre du CPGF.

SPP : Société Psychanalytique de Paris.

CPGF : Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale.

Lectures :

CAILLOT Jean-Pierre, Le meurtriel, l’incestuel et le traumatique, Paris, Dunod, 2015.

HURNI Maurice et STOLL Giovanna :

La haine de l’amour,  la perversion du lien, Paris, L’Harmattan, 1996.
– Saccages psychiques au quotidien ; perversion narcissique dans les familles, Paris, L’Harmattan, 2002.
Le mystère Freud, Paris, L’Harmattan, 2013.

RACAMIER Paul-Claude, L’inceste et l’incestuel, Paris, Dunod, 1995.

 

R.-A. Belot, J.-P. Caillot et V. Rebière lors de la conférence du Dr Jean-Pierre Caillot à Besançon du 7 avril 2017 “Les apports majeurs
de Paul-Claude Racamier,
de nouvelles perspectives psychanalytiques”

“Quand la sphère privée est infiltrée par le mal-être social”
par Jeanne Defontaine

Dans nos sociétés néo-libérales le processus d’autorité qui fait référence aux normes et aux valeurs morales issues du Surmoi collectif est en faillite. Il en résulte un mal être lié aux dysfonctionnements du «vivre ensemble». Nous allons voir à l’œuvre les répercussions de ce mal être sociétal au sein d’une thérapie de couple.

Télécharger pour lire et imprimer le texte de Jeanne Defontaine.

 

Arendt: la bureaucratie despotique

« De ce point de vue, plutôt qu’à une disparition du politique, nous aboutirions à une forme de gouvernement despotique encore plus monstrueuse, au sein de laquelle l’abîme entre dominants et dominés se creuserait de façon si énorme qu’aucune forme de rébellion et encore moins de contrôle des dominants par les dominés ne serait plus possible. Ce caractère despotique ne serait nullement modifié du fait qu’on ne pourrait plus dénoncer personne, plus aucun despote derrière ce gouvernement du monde ; car la domination bureaucratique, la domination à travers l’anonymat de la bureaucratie, n’est pas moins despotique du fait que “personne” l’exerce ; au contraire, elle est encore plus effroyable car on ne peut ni parler ni adresser de réclamation à ce “Personne” ».

Hannah Arendt Qu’est-ce que la politique ?, Editions du Seuil 1995, p. 47.

De Koninck: la bêtise

“Avec humour et brio, Milan Kundera considère comme la plus importante de son siècle la découverte que fit Flaubert de la bêtise, plus significative même, assure-t-il, que les idées les plus étonnantes de Marx ou de Freud : loin de céder à la science, à la technologie, à la modernité, au progrès, cette bêtise progresse au contraire avec le progrès. Elle consiste en un moderne Dictionnaire des idées reçues, dont le flot est programmé sur ordinateurs, propagé par les mass médias (cf. Edgar Morin, ht. Ut. ; Milan Kundera, L’art du roman, Paris. Gallimard, 1986, infine)”.

Thomas De Koninck, De la dignité humaine. Quadrige/PUF 1995.

Œdipe inopérant

De constater et de dire que l’Œdipe est inopérant ne revient pas  considérer qu’il soit totalement absent ; s’il est estompé et lointain, s’il est lacunaire, ou si même il est enkysté et clivé du reste de la psyché, ce n’est pas pour autant qu’il soit nul, mais cela suffit pour le rendre inactif : or, cela seul nous importe de savoir qui gouverne. Si ce n’est pas l’Œdipe, la probabilité est grande de se trouver en régime incestuel.
[…] Notons encore que certes le registre œdipien est le plus important pour la vie psychique, mais, s’il est mis face à face à l’incestuel, c’est celui-ci qui l’emporte de prime abord ; cette malheureuse observation est destinée à nous suivre dans nos évaluations économiques et dans nos efforts thérapeutiques… Continuer la lecture de « Œdipe inopérant »

Pessoa: petites émotions

« Les petites émotions me sont restées. Un coup de brise sur un coin tranquille de campagne semble meurtrir mon âme. Une lointaine rafale de la fanfare sur l’avenue évoque en moi des sonorités surpassant de loin toutes les symphonies. Devant une petite vieille sur le pas de sa porte, je m’attendris sur toute la bonté du monde. Un gamin crasseux, immobile devant moi, peut m’illuminer. Je savoure le spectacle d’un moineau venant se poser sur un fil électrique, et tout cela me dépasse infiniment, telle une vision inextricablement liée à la vérité elle-même. »

Fernando Pessoa, L’éducation du stoïcien, Christian Bourgois éditeur, 2000, p. 30.

Pasolini: mass media

« Ainsi, tandis que dans un coin la culture de haut niveau devient de plus en plus raffinée et réservée à quelques-uns, ces “quelques-uns” deviennent, fictivement, nombreux : ils deviennent “masse”. C’est le triomphe du “digest”, de l’”illustré” et, surtout, de la télévision. Le monde déformé par ces moyens de diffusion, de culture, de propagande, devient de plus en plus irréel : la production en série, y compris des idées, le rend monstrueux.
Le monde des magazines, du lancement à échelle mondiale des produits, même humains, et un monde qui tue. »

Pier Paolo Pasolini, La Rage, Édition Nous, 2014, p. 18.